Afrobeat Culture Federator

L’EGYPTOLOGIE : Le Rôle Des Savants Africains Professeur Théophile OBENGA

jeudi 19 janvier 2017 par Mabinuori Idowu (aka ID)

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Je me trouve tout à fait à l’aise parce que beaucoup de souvenirs reviennent.
Quand on était à un rendez-vous à Ouagadougou, on saluait… le Président Sankara saluait les invités et il ne me connaissait pas, bien sûr, c’était la première fois qu’on se voyait et je me suis présenté Obenga. Il dit « Ah ! Attention, toi là ! Il faut qu’on discute. ». « Il faut qu’on discute. ». J’ai dit « Monsieur le Président, mais le calendrier est très serré. ». Il me dit « Non. Non. Il faut qu’on discute. Même que demain on va poser les rails du chemin de fer, on va discuter. ».

On est arrivé, on a posé les rails du chemin de fer pour aller vers la Côte d’Ivoire. J’ai dit « mais on n’est pas des ingénieurs, comment on va poser le chemin de fer là où le train va passer ? ». Il dit « Ah ! Il faut la créativité africaine. » Et le souvenir m’est resté presque d’un frère, d’un ami, d’un copain presque. Il est Président quand même, c’est un copain. La simplicité, la familiarité, il vous décomplexe dès le premier mot, c’est vraiment rare de trouver ça quand on est au sommet du pouvoir.

Donc à nouveau, en voyant Madame, on ne sait pas vraiment quels mots vous dire. Vous devinez ce que nous disons à travers notre silence.

Tout à l’heure, avant de partir au déjeuner, Madame, avant, je crois, a présenté, très brillamment la richesse scientifique, l’apport de savants. Tous les films qu’on a vus, l’ambiance générale, tout ce qui se passe dans la salle, c’est vraiment… on ne sait pas ce qu’on va dire, on répète. On ne fait que répéter puisque nous avons à peu près la même vision, les mêmes mots, le même lexique, le même enthousiasme et la même foi. Donc, je m’excuse si je vais répéter certaines choses.

Une autre anecdote. Je me trouvais chez des amis à Washington, on dit on va aller à l’hôtel prendre un pot etc. C’était l’hiver et Maya Angelou arrivait. Elle n’avait pas de manteau avec ses gardes du corps. Mais, moi, j’avais mon manteau parisien, bien couvert. Elle m’a dit « donnez-moi votre manteau, j’ai froid. ». Et elle a pris mon manteau, elle s’est couverte. On assistait à la soirée, à la musique etc. Et au moment de partir, j’ai dit « mais, enfin, c’est mon manteau, quoi ! Je n’ai pas d’autre manteau. ». Avec ses gardes du corps et tout le monde, elle me dit « suivez-moi. ». C’est juste à la porte de sa chambre d’hôtel qu’elle me donne le manteau, elle dit « vous pouvez le prendre maintenant, je n’ai plus froid et puis je rentre dans ma chambre. ».

Donc, c’était aussi une grande dame, de très grande taille d’ailleurs, grande d’esprit, très dévouée, très simple aussi en même temps. Ça vous donne vraiment une simplicité des grands hommes, de l’ambiance. Et la même simplicité que j’ai trouvée chez Cheikh Anta Diop qui connaissait, qui était plus âgé que moi, qui connaissait 1 000 fois plus que moi. Mais à chaque fois que j’avais un avis, parfois naïf, à lui donner, il écoutait. Il disait « ce n’est pas naïf », mais il écoutait tout. Vraiment les grands hommes ont vraiment l’esprit vraiment accueillant. Alors cela dit brièvement, je vais parler du Panafricanisme, si vous le voulez, et puis après de l’Égyptologie très rapidement.

Tout à l’heure, Madame Sankara a dit d’où nous venons, où nous sommes et où nous allons. C’est la question. Mais prenons 50 ans, 60 ans de vie africaine, mais nous avons plus d’expérience que tous les autres peuples de la Terre. Pendant 50 ans, nous avons eu des Pères Fondateurs qui ont fondé les Républiques. Les Pères Fondateurs. Nous avons eu des Présidents à vie. Ils sont bien morts, mais ils étaient proclamés, à l’époque, Présidents à vie. Nous avons fait des partis uniques. Là où tout un peuple, un seul parti, une seule opinion, un seul slogan, un seul, un seul, un seul.

Et nous avons fait plusieurs partis en même temps, des partis familiaux, villageois, claniques, ethniques, on a tout fait. À un moment donné, il y a eu l’Afrique des Colonels, ça dit, c’était la plupart des Chefs d’État, par coups d’État, c’était eux qui dirigeaient le pays. Parce que les militaires sont droits, pas corrompus, ils font leur métier, leur boulot, donnons-leur la chance de diriger l’Afrique. Il y a eu à un moment donné l’Afrique des Colonels, peut-être que certains d’entre vous n’étaient pas encore nés, mais ça existait l’Afrique des Colonels.

On a fait des coups d’État, on a tué des leaders, on a fait des coups d’État contre Kwame Nkrumah, on a paralysé Sekou Toure, on a tué Carbral, Lumunba n’en parlons pas, Boganda et le dernier, je pourrais dire Sankara. On a donc tué les leaders, le leadership africain était décapité. On a bloqué ce qui promettait le ujamaa, Nyerere on a bloqué. Mandela, près de 27 ans en taule pour réclamer juste la dignité et la liberté et l’égalité. Qu’est-ce qu’on n’a pas subi ?

On a eu… on a chanté la gloire des Chefs d’État africains par la mobilisation populaire, de ce qu’on appelait autrefois les groupes d’animation. Donc quand le Chef d’État passait, tout le peuple dansait pour lui. Ça s’appelait groupe d’animation. La banque mondiale est venue, on a fait des projets. Le Fonds Monétaire International est venu, on nous a donné, soi-disant, l’argent puisqu’on est endetté, même très endetté, ce qui suppose qu’on a eu l’argent. Enfin bref, on a jeté des déchets toxiques, mêmes nucléaires sur le littoral du Golfe de Guinée, les gens en sont morts.

Mais ce sont les déchets de Côte d’Ivoire. Ce sont les déchets d’Abidjan et non les déchets de la Hollande qui les a envoyés. Donc qu’est-ce qu’on n’a pas fait ? Il y a eu des mouvements des jeunes, les femmes se sont mobilisées, les Syndicats étaient très forts. Les Syndicats, la classe ouvrière étaient très forts. On a fait beaucoup d’expériences pendant 50 à 60 ans. On a presque tout fait. Presque tout fait. Et l’Afrique n’avance pas. Et l’Afrique est endettée, très endettée. Et l’Afrique est pauvre.

On a vécu des slogans « Objectif 80 », « Santé pour tous », maintenant c’est « développement durable », c’est « l’émergence », on ne sait pas comment on va émerger, mais enfin c’est l’émergence. Bref. Il y a quelque chose, c’est quand même un continent qui a fait toutes les expériences, les autres n’en ont pas fait tant. On a connu tous les systèmes de Président à vie, Président tout seul, présidentiel, Président avec un Premier Ministre, Président avec même 2-3 Vice-présidents. Il est Président, mais il y a un premier Vice-président, deuxième Vice-président, troisième Vice-président, un pays avec 3 ou 4 Présidents, 4 ou 5 Premiers Ministres.

Qu’est-ce qu’on n’a pas connu ? Et nous sommes même le premier, par rapport à l’Europe, à donner un Premier Ministre femme ! Il y a le Président de la République, ou l’empereur, et le Premier Ministre, c’est une femme. On l’a nommée avant même la France. Avant que le Président Mitterrand ne nomme Édith Cresson, Premier Ministre, l’Afrique avait déjà nommé une dame Premier Ministre, Elizabeth Domitien… (Agnès Seha). Qu’est-ce qu’on n’a pas fait comme expérience ?

Les coups d’État, les guerres civiles, les conférences nationales. On a tout fait et ça n’avance pas. Les États sont fragiles. On tue quand on veut. On envoie à CPI quand on veut. On répand les maladies quand on veut. On mange des poulets dont on ne connaît jamais… dont on ne voit pas qui les cuit. Oui. On ne sait pas d’où viennent ces poulets. Donc même pour la santé des gens, la santé, la sécurité alimentaire n’est pas assurée. Alors qu’un continent qui a des lacs, des fleuves, des cours d’eau, il peut faire des choses extraordinaires.

Mais il y a un problème, les schémas, que nous faisons, sont des mauvais schémas. On ne peut pas les continuer encore. Rien que ça. Mais on va aller maintenant ? Qu’est-ce qu’on va faire ? Une conférence nationale encore ? On va faire quoi ? Libérer. Qui est encore en prison ? Comment on va faire maintenant ? Il n’y a aucun schéma. Tous les schémas sont usés. Or aujourd’hui, dans le monde tel qu’il… l’Europe ou l’Humanité conduite par l’Europe, les Puissants, il faut être fort, puissant. Si vous êtes fragiles, vous êtes amis ou quoi, ça ne compte pas, on vous écrase quand il le faut.

L’Europe ne tolère pas la fragilité. L’Europe ne tolère pas l’impuissance. L’Europe ne tolère pas, n’aime pas la faiblesse. Ils appelaient autrefois « les chinoiseries ». Aucun Européen ne dit maintenant « les chinoiseries » parce que la Chine est forte, puissante et on dit « discutons affaires », « discutons les affaires ». On ne dit plus « les chinoiseries », qu’ils mangent un bol de riz par l’heure qu’ils sont le Tiers-monde, qui étaient des vauriens, des bibelots. On ne dit plus « les chinoiseries » parce qu’ils sont forts.

Il n’y a pas d’amitié, il n’y a pas de partenaire, ça n’existe nulle part. Or l’Afrique fait les part par des partenaires, mais qui… mais enfin. Quel est le partenaire de l’Allemagne ? Ils sont tous seuls ? Quel est le partenaire de la France ? Quel est le partenaire de l’Angleterre ? Quel est le partenaire des États-Unis ? Où quel est le partenaire des Chinois ? Mais l’Afrique, dès que j’ai un projet, il faut que les bailleurs de fonds et les partenaires ? Quel est le bailleur de fonds de la France ? Ils sont déficitaires depuis au moins 30 ans, ils ne sont pas aidés ?

Quel est le bailleur de fonds de l’Allemagne ? Là où ils croisent les bras, ils ont des projets et puis un bailleur de fonds, c’est l’Italien ou le Grec qui viendra les financer ?c’est la Grèce qui viendra financer l’Allemagne ? Mais l’Afrique croit encore à des mythologies comme ça. Les bailleurs de fonds, les partenaires, ça n’existe pas. On a fait tous les schémas. Nous avons fait tous les schémas. Tous les schémas. Moi, je ne vois pas quel schéma on peut faire encore. Une conférence nationale, un parti unique ? On a tout fait déjà. Et ça ne marche pas, les pays sont de plus en plus désorientés.

Il faut donc changer carrément de perspective, carrément le changement.
Créons un parti. Que le Congrès devienne un parti politique et vous madame Sankara Chef du parti et puis on dirige le pays. Pourquoi ? Parce que, à supposer que les États-Unis ont donné l’exemple, quand on a attendu que Bolivar, Simon Bolivar en Amérique du Sud dit que nous sommes tous Espagnols, que tout le monde parle espagnol, à part le Brésil, mais ils le comprennent. On est tous Espagnol, on parle chrétien, on est Chrétien, on est ceci.

Unissons-nous, faisons des États-Unis aussi de l’Amérique du Sud. On est même plus riche, la forêt, les mines et tout. On est plus puissant même. Les gens ont refusé pour telle et telle raison. Mais où ils en sont ? Piétine comme tout le monde ? Comme le Tiers-monde avec tant de richesse, ça n’avance pas non plus. Ils sont dominés.
Ceux qui ont fait les États-Unis à Philadelphie, le plus vieux, c’était Benjamin Franklin, il avait 80 ans, le jeune qui venait il avait une cinquantaine d’années, Washington, qui serait le premier Président.

Les autres, les techniciens, les autres leaders avaient 30 ans, 33 ans, Madison, Hamilton, l’avocat de New York avait 30 ans ! Madison qui serait le 4ème Président américain, il avait 33 ans à l’époque. Ce sont des jeunes qui ont fait les États-Unis. Ils ont décidé, faisons les États-Unis d’Amérique. Faisons. « Tu as tort », « est-ce que c’est le bon moment ? », « est-ce qu’on est corrompu ? », « est-ce que c’est… ». Faisons. Pas trop de problème, il n’y a pas trop de perfections ici-bas, faisons ça, on sera une puissance, après on verra.

Les autres ont refusé. Demandez à la Géorgie qui avait refusé, à la Floride qui avait refusé, qu’ils demandent leur indépendance maintenant. Ils vont accepter ? La Géorgie va demander son indépendance ? Quitter les États-Unis d’Amérique ? La Floride va quitter parce qu’ils ne voulaient pas être ensemble, qu’ils quittent maintenant, ils vont accepter ? Ils ne peuvent pas accepter parce qu’on a créé une puissance.

Si vous créez les États-Unis d’Afrique, vous n’allez plus faire un petit barrage ici, un petit truc… ce sont des grands projets de développement. Vous allez faire un grand élevage pour nourrir nous mêmes notre population. De Dakar, de la Mauritanie jusqu’à Namibie. Vous faites des compagnies de pêcheries, nous avons des requins, des baleines, de la sardine, tous les poissons du monde que les pétroliers sont en train de tuer maintenant. L’élevage, il y a des plaines, on peut fertiliser le Sahara, ce sont des grands projets coûteux, mais on fait, le Sahara ou les Canaries deviennent fertiles encore. On crée des grandes universités de technologies, de sciences etc., de grands espaces, on maîtrise le nucléaire.

Si vous êtes faibles, vous êtes écrasés, donc par précaution on fait ça. On fait des grands projets. Il y a les élites intellectuelles africaines, il y a des juristes, il y a des médecins, des vétérinaires, des ingénieurs, des gens compétents dans tous les domaines, dans le tourisme, dans le commerce, dans l’esthétique, dans la musique, la chanson. On devient une grande puissance. Sachant tous les schémas, tout le monde y gagne. Même les Présidents à vie, ils ne seront plus là, mais ils gagneraient aussi. Parce que le tapis rouge, ils l’ont eu, ça ne leur a rien donné.

L’argent compte en Suisse, vous n’en bénéficiez même pas, quand vous êtes mort, la Suisse bloque les comptes, même pour votre veuve, vos enfants n’ont pas droit à cet argent-là. À quoi ça sert ? Ça ne sert à rien du tout. Pendant que vous êtes là, vous vous protégez avec des MIG, avec de tout, mais après quand vous quittez le pouvoir, c’est comme un petit chien qui va en fuyant. Donc ça ne sert même pas d’accumuler tant de richesses pour vous, autant de défense militaire pour vous, ça ne protégera même pas.

Les schémas - là sont vieux. On n’accuse personne, la jeunesse doit réfléchir sur d’autres schémas, prendre les décisions qu’il faut, ce sera par nous, d’autres qui viendront améliorer, vont changer. Mais on a loupé, on a fait l’Union Africaine, l’Organisation de l’Unité Africaine, l’OUA. Union Africaine maintenant. Mais c’est une structure même contre l’Afrique. Comment veux-tu qu’un Chef d’État africain qui est en exercice dans l’union en question, mais l’Union se tait, ne dit pas mot puisque Bruxelles finance. Elle dit « je vous paye les loyers, les fonctionnaires, les Africains même ne cotisent pas.
Bon. Taisez-vous. »

Si on peut se développer est-ce que cette Union peut représenter l’Afrique vraiment quand c’est financé par Bruxelles ? Celui qui donne l’argent dicte sa politique. Il ne faut pas parler de ça, pas parler de ça, pas parler de ça. Il ne fait pas parler de Mugabé c’est un démon. Il ne faut pas parler de Sankara, c’est comme ça. Il ne faut pas parler d’untel, il ne faut pas parler d’untel, mais on parle de quoi alors.

Donc il est temps, les schémas, tous les schémas qu’on a faits là, ça ne marche pas. Tout pendant 50 ans, 60 ans, faites le bilan. Même les coopérations, même les trucs, ça ne marche pas. Il faut complètement changer, il faut précipiter l’État Fédéral Panafricain au niveau continental qui, d’ailleurs, a déjà eu son Président Marcuse Garvey était déclaré le Président des États-Unis d’Afrique. C’est le premier Président. Il est déjà là. Celui qui viendra, ne sera que le deuxième Président. Oui. On attend que le deuxième Président, le premier était là déjà. On n’attend que le deuxième Président.

Il faut s’organiser. Il y a des responsabilités historiques à prendre, comme a dit Fanon, où est votre mission ? Mais toutes les missions déjà, les aînés ont fait ça, ils ont fait ce qu’ils ont pu, on va répéter leurs missions ? Notre mission, notre jeunesse actuelle, c’est de créer les nouvelles conditions, que l’Afrique soit forte et puissante. Si l’Afrique est faible, pas puissante, on a beau faire, on a beau faire, soi-disant la mondialisation, les brics, soit la mondialisation de choses… mais la mondialisation, c’est un conflit d’intérêts économiques, commerciaux.

On ne commerce pas, on n’est pas fort, on pille toutes les richesses, le pétrole, le bois, les poissons, les ceci. On pille tout. Alors vous allez faire quelle mondialisation ? Ou le village planétaire ? Je veux bien, mais quel est le chef du village en question ? Vous êtes toujours servants dans ce village, soi-disant village planétaire, mais un village a toujours un chef. Vous êtes le chef de ce village planétaire ? Non. Alors vous êtes bons à quoi ? On est drogué par des mots, mais « émergence », c’est quoi exactement ? Comment sera on dit « bon. Écoutez, d’ici 25 ans. Bon. On verra bien. »
On ne planifie rien. On ne fait rien. Il faut qu’on… c’est presque de l’escroquerie politique. Donc en attendant là où on a, si on peut faire, il faut faire des grands projets panafricains. Voilà pourquoi j’essaye de convaincre les Hautes Autorités politiques de mon pays pour créer, je dirais même, la plus grande université du continent africain. Il y a l’espace, il y a l’argent, il y a la jeunesse, mais créons une grande université, là où on enseigne de tout, depuis la cuisine jusqu’à l’espace. On peut faire au moins ça. On peut faire au moins ça.

Le deuxième point sur lequel je voulais insister très rapidement, c’est celui de l’Égyptologie. Alors l’Égyptologie, c’est, au fond, c’est une spécialité de l’Histoire, ça dit ça étudie l’Histoire ancienne de l’Égypte pharaonique. Et cette Égypte pharaonique a duré à peu près 35 siècles de vie nationale. Trente-cinq siècles. Si vous comptez la France depuis Clovis jusqu’à François Hollande, il y a combien de siècles ? Même pas une vingtaine. Or l’Égypte a duré 35 siècles indigènes, les pharaons indigènes, locaux, nationaux ont dirigé le pays pendant 35 siècles environ.

Alors ce royaume africain était localisé le long de la Basse Vallée du Nil en Afrique orientale, NordEste, et le Nil débouchant, tombant dans la Méditerranée, donc le long de la Basse Vallée du Nil. La Haute Vallée étant la Nubie etc. donc, géographiquement c’est une contrée africaine, géographiquement. Or déjà géographiquement, on vous enlève ça, on dit c’est le Proche Orient. Mais le Proche Orient quelle est sa localisation géographique ? On ne sait pas trop.

Si je suis au Japon, il y a l’extrême Occident, c’est-à-dire la France et l’Angleterre, est-ce qu’on les appelle Extrême Occident ? Pourquoi on appelle les autres Extrême Orient ? Mais on devrait appeler aussi Extrême Occident. Ça ne marche pas, tu vois la psychologie. Ce sont eux qui sont au Proche Orient, Moyen Orient, Extrême Orient, Middle East. Mais les autres, l’Angleterre, tout ça, l’Irlande, c’est l’Extrême Occident. Mais on n’en parle pas. On n’en parle pas. Tu vois bien déjà que c’est… Donc ils veulent dire que c’est le Proche Orient, Middle East, ce sont des histoires. Quelqu’un qui aux limites géographiques de ça, c’est purement idéologique. C’est purement idéologique.

Mais autrement, géographiquement parlant, physiquement parlant, concrètement, l’Égypte pharaonique était bien sur le continent africain. Donc on balaye déjà l’argument, disons, géographique. Maintenant ils étaient des noirs, on a créé une race brune, donc tous les peuples méditerranéens, c’est la seule race brune. Les Grecs ne le sont pas, les Romains ne le sont pas, mais enfin bref. On a fait le dosage de la mélanine pour doser le taux de mélanine dans la peau. On a fait ça à Liverpool, on a fait ça à Manchester. On a publié ces études plus ou moins secrètement.

Ces études disent parfaitement que la peau n’est pas brown ou dark, ils disent bien, c’est black. C’est écrit comme ça en anglais. Cheick Anta Diop a fait les mêmes dosages. Il a demandé au Professeur Monnaie de venir pour voir au laboratoire à Dakar. C’est le dosage est très fort de la mélanine. Le Professeur Bilolo, ici présent, a étudié ce qu’Aristote a dit des Viso, il a dit que les Noirs, les Égyptiens ne sont pas noirs, les Égyptiens sont très noirs a gagne mélannaise, ils sont très noirs.

C’est Aristote qui le dit, il a été là-bas. Il y a beaucoup de témoignages, de… Hérodote qui a été là-bas, il a vu les Pyramides, a discuté avec les prêtres, il est parti jusqu’à Thèbes, etc., vu tout le pays, les marchés, tout. Il a dit qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus. Alors si vous habitez l’Afrique, on vous dit que vous avez la peau noire, très noire, que vous avez les cheveux crépus, tournés en tire-bouchon. Si je prends un cheveu à moi, je le mets sur la table, je prends un cheveu d’un blanc, je le mets sur la table, on voit bien que mon cheveu se tourne, se contourne en tire-bouchon.

Tandis que le cheveu des blancs est droit. C’est ça, les cheveux crépus. Maintenant on veut les défriser. C’est ça, les dames, elles veulent les défriser maintenant pour enlever les frises, on veut défriser. Donc quand vous habitez l’Afrique, vous avez la peau noire, les cheveux crépus et d’ailleurs d’autres auteurs ajoutent que vous avez le nez épaté, c’est-à-dire le nez simiesque, un nez de singe, épater. Bon, ça suffit, je crois, pour être noir, pour être Africain. C’est tout. Parce que c’est un problème de vision physique, on voit que vous êtes noirs, c’est tout. On ne juge pas moralement, donc vous êtes noirs.

On dit oui, d’accord. Ils sont nés en Égypte, d’accord, géographiquement, ils sont noirs, pas tout à fait comme vous, d’accord. Mais il faut faire attention, il ne faut pas confondre langue, culture et race. On peut parler… on peut être tous de la même race, mais de cultures différentes parce que l’expression de la culture c’est la langue. Les Égyptiens étaient noirs, comme vous, ils étaient sur le Continent, comme vous, mais ce n’est pas la même culture parce que leur expression linguistique, la langue pharaonique n’a rien à voir avec vos langues de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique Centrale, de l’Afrique de l’Est etc. Ça n’a rien à voir avec les langues dites négro-africaines.

Donc vous vous réclamez que les choses, au fond, qui n’est pas réellement à vous. Voilà le débat. Et ce débat existe depuis 1844, c’est un Allemand qui l’a écrit, pour détruire ce qu’il a écrit, il faut des siècles. C’est un Allemand qui, en 1844, Théodore Benfeld (Karl-Théodor… ?), qui avait écrit ça. Il l’avait dit, mais sans preuve, mais comme c’est un Allemand, bon. C’est très compliqué, le vocabulaire, la langue et tout, et tout. Ça a fait vrai alors que c’est simplement une fausse complication. Mais les gens, comme ils ne cherchent pas à critiquer ça non plus, il n’y a pas de pensée critique.

Donc ils ont accepté et ça a fait comme ça. On a créé donc la famille, comment ils ont appelé ça, chamito sémitique. Donc ça n’a rien à voir avec vos langues sahéliennes, voltaïques etc.
Après ils ont enlevé le mot « chamito sémitique ». Le Professeur de Stanford, Grinberg, a dit il faut appeler ça les langues afro-asiatiques. C’est-à-dire ce sont des langues afro parlées en Afrique, c’est le cas du Berbère et de l’Égyptien, c’est du kouchitique, mais en même temps parlées en Asie, c’est le cas de langues sémitiques, l’Hébreu, le Babylonien, l’Acadie etc. donc ce sont des langues afro-asiatiques.

Et comme c’est fait aussi par les Américains à cause de l’ascendance culturelle et scientifique des États-Unis, c’est aussi accepté les yeux fermés. Donc on a accepté ça les yeux fermés. Surtout par des non linguistes parce que ceux qui décrivent les langues africaines, ce ne sont pas des linguistes techniquement parlant, ce sont des descripteurs de langues. Ils décrivent les langues, mais ce ne sont pas des linguistes. Saussure, il a décrit les langues, Ferdinand de Saussure n’a décrit aucune langue ? Mais c’est le linguiste, c’est lui qui a fondé la linguistique contemporaine. Il a décrit quelle langue ?

En phonétique, morphologie de quelle langue ? D’aucune langue ? Mais il est le fondateur de la linguistique moderne parce qu’il faut penser ses choses-là. La description, un enfant, après 3 semaines, trimestres à l’université peut décrire n’importe quelle langue. C’est la pure technique, ce ne sont pas des linguistes, ce sont des descripteurs de langue posée comme linguistes sur le Wolof, le ceci, le jermakoye des choses comme… ce ne sont pas des linguistes. Ce sont des descripteurs de langues, ils ne peuvent pas mener le débat scientifique.

Moi, j’ai la chance d’aller à l’école de Saussure, là où on apprend qu’est-ce que la linguistique réellement, et puis la chance d’avoir le Professeur Ben Venizi décrire la langue, il a fait la comparaison. Alors on apprend techniquement, au fond même, je ne comprenais pas, il m’a bien expliqué que ça se fait comme ça, comme ça. Alors maintenant c’était le débat qui restait. On a fait une grande conférence à Barcelone. Une grande conférence, là où le

Professeur Bilolo était là, et on m’a confronté à un Professeur linguiste, descripteur aussi d’ailleurs de Los Angeles, de l’UCLA Il travaille avec les ordinateurs, il avait 3 ordinateurs, il projette, il a mis 1 000 mots, dans un ordinateur, égyptiens, dans un autre ordinateur 1 000 mots de langue sémitique, acadiens, babyloniens. Et il demande à l’ordinateur donne-moi les racines communes. L’ordinateur fait le boulot, trouve ça matche, il laisse blanc, blanc, blanc. Quand ça matche, il dit OK et il a exposé ça.

Moi, j’ai dit, moi, je suis plus fort que votre ordinateur, moi, je vais là où il a mis « blanc », je vais remplir. Il n’y aura pas de blanc, on verra bien. Et quand j’ai rempli, donc c’est comme un jeu d’enfant, quand j’ai rempli ça, j’ai dit maintenant vous avez vu que l’ordinateur avait raison de faire les blancs beaucoup parce que ça ne matche pas, ça ne va pas ensemble. Pourquoi vous avez construit votre ordinateur ? Par idéologie ?

Votre ordinateur a dit non, ça ne va pas ensemble. Il fallait respecter et vous n’auriez pas trouvé votre phrase afro-asiatique, mais comme vous forcez les choses, vos afro-asiatiques c’était tellement… enfin je le dis maintenant de façon polie, j’étais même gêné parce que c’est quand même un savant et tout. Bon. C’est quand même un collègue, on ne peut pas descendre plus bas que ça. J’étais moi-même très gêné. Bon. J’ai arrêté.

Et puis quand on est parti prendre le pot le soir, il disait « oui, vous êtes affreux ». J’ai dit « non, c’est vous affreux - asiatiques ». Il voulait faire le jeu de mot sur affreux, afro-asiatique. J’ai dit c’est vous qui êtes affreux parce que vous devez abandonner l’afro-asiatique. Bon. C’était amical, mais enfin techniquement c’était gênant, mais de bonne foi. Arrivé aux États-Unis, il a changé, il a dit on s’est trompé, il a changé.

Mais les autres n’ont pas changé. Ils ont continué, ils ont fait la guerre. Ils ont lu 49 auteurs, un livre de 400 pages et ils ont attaqué Cheik Anta Diop, Molefi Asante, les Jeffrey, tout ça, ils ont attaqué tout le monde. Ils m’ont attaqué. Bon. Moi, j’ai dit, moi, je réponds pour moi. Cheik est mort, je réponds aussi pour lui. Je réponds pour nous deux. Voilà. Alors c’était même, même leurs dames leur disaient ce ne sont plus des singes au bord de la scène, ce sont des gens, il faut les respecter. C’était pénible à dire parce qu’en fait ils ne connaissent pas. Ils ne connaissent pas, ils prétendent connaître. Ils ne connaissent ni l’Acadien en question, ni le Babylonien, ni les langues sémitiques, l’Hébreu, le Phénicien. Ils ne savent pas.

Le Palmérien, tout ça, la langue du Christ, c’est l’Araméen. Ils ne savent pas. Le Syriaque, ils ne connaissent pas. Ils croiyer brûle les gens comme ça en disant les langues sémitiques. On connait la langue sémitique. On connaît l’Égyptien ancien. On connaît les langues africaines. On a la technique de la comparaison, alors pourquoi ne pas faire le boulot. Donc au fond, ce débat est fini, de l’Égypte noire, pas noire, africaine, pas africaine. Il reste peut-être l’ignorance, mais autrement, comme a dit Madame… c’est fini maintenant. C’est déjà acquis.

Mieux. Il y a eu le colloque du Caire, puisque l’UNESCO a fait les volumes, les 8 volumes d’Histoire de l’Afrique. Huit volumes. Et Cheik Anta Diop a dit le deuxième volume porte sur les origines africaines, moi, je vais écrire sur l’Égypte Antique. Alors si je vais écrire, vous allez dire oh les histoires de Cheik c’est ci. Il faut qu’il y ait un débat international sur cette question de l’Égypte Antique. Ça a eu lieu au Caire en janvier et février 1974. Il y avait plus de 20 égyptologues. Cheik Anta Diop était là, moi, j’étais là, plus le Président Senghor avait dépêché un journaliste sénégalais Pape Diop pour qui nous serrai battu pour qu’il fasse le rapport.

Bon. Moi, j’étais là, j’ai vu, on a discuté. Il y a le rapport. Mais que dit le rapport ? Sur le truc des peaux noires ou quoi ? Il dit le contraire d’HÉrodote, il dit le contraire d’Aristote ou de tant d’autres ou de la mélanine des laboratoires ? Il n’y a pas le contraire. La culture, eux-mêmes, ils ont reconnu. Les langues, même lis sont reconnu, leur meilleure grammairien a reconnu nos travaux, a apprécié. Ils ont dit même il y a des résolutions. Donc ce problème… toutes les thèses fondamentales défendues par Cheik Anta Diop dans le Nation nègres et Culture ont été validées pendant le colloque. Colloque international au Caire.

Il n’y avait que deux Africains. Non. Trois même, un Soudanais. Un Soudanais, Abdallah. Le Professeur Abdallah. Il a… quand on a commencé le débat, Cheik avait dit le mot Égypte noire, Kemit noir. Abdallah se lève et dit que non. Le Professeur Cheik Anta Diop vous avez tort le mot kemite ne veut pas dire noir en égyptien ancien. Alors moi qui dormais un peu, je me réveille, j’ai dit mais cette affaire-là, qu’est-ce qui se passe. Mais kemit veut dire noir non ? Abdallah insiste. J’ai dit « ah, c’est aussi un savant, on ne sait jamais » Ici, il n’y a pas d’apprentis. Cheik Anta, il s’énerve un peu, ce qui était rare chez Cheik, il avait un self-control. Mais je le voyais déjà s’énerver. Il dit… il a dit « écoutez. Monsieur Sauneron, vous êtes ici, parmi nous, le meilleur grammairien. Prononcez-vous. Si vous ne vous prononcez pas, moi et Obenga, on quitte votre conférence et on s’en va. » Mais c’était grave.

Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Sauneron a dit « bon. Effectivement ça veut dire noir etc. » Après, moi, je suis parti voir Abdallah, j’ai dit « mais pourquoi tu fais des choses comme ça ? Tu sais bien que c’est ça. Tu contredis pour contredire, c’est ridicule. Ce n’est pas sérieux. » Et chaque fois qu’il me voit dans le couloir il dit « comment va le Professeur Cheik ? » Je dis « il ne te salue même pas. » Alors le mot « Égypte », c’est un mot grec. Les Toutankhamon, les Ramsès, les Pharaons ne connaissaient pas ce mot « Égypte ». Ils ne connaissaient pas le mot « Égypte ». Alors comment appelaient-ils, eux-mêmes, dans leur langue, leur pays ? Leur pays, comment ils appelaient ça ?

Alors ils appelaient leur pays par le mot « ta ou tsi », c’est-à-dire le pays, notre pays, comme on dit notre Nation. Il y avait ce mot-là. Le double pays, la Haute et la Basse Égypte, « taoui » Bon. Ils appelaient leur pays par le mot « kemet »ça dit « le pays noir », comme vous dites l’Afrique noire. On ne dit pas l’Afrique noire parce que la terre est noire, on dit l’Afrique noire parce que la plupart des habitants là-bas sont de peau noire. Voilà. Ça s’oppose à l’Afrique blanche, si l’on veut. Donc ils appelaient leur pays, le pays des Noirs. Eux, ils s’appelaient eux-mêmes « kemtiou » ça dit « nous, les Nègres, les Noirs » au sens propre du terme. Les Noirs, les Nègres, « kemtiou » Nous sommes des « kemtiou ». Par rapport, bien sûr, à la Méditerranée blanche, aux Asiatiques, aux Grecs etc., on s’identifie, c’est ça l’identité dont on parle aujourd’hui.

Ils se sont identifiés comme Noirs dans leur propre langue. Le copte dit ça. Ce sont des hommes, des Romé, loma, lomi, l’Homme, c’est ça le mot qu’on retrouve partout au Cameroun, tout. L’Homme, l’homme, le mari, l’homme, ça é évolué, mais ça veut dire l’homme, l’homme. C’est le même mot exactement. Donc voyez-vous aujourd’hui, la bataille est plus ou moins close que l’Égypte Antique appartient bien au monde culturel, à l’univers culturel africain, négro-africain, si l’on veut. Bon.

Qu’est-ce qu’il faut faire maintenant ? Il faut étudier maintenant cet égyptien, cette Égypte Antique, étudier la langue, étudier les Pharaons, le fondateur de ça les Narmer, les Mènes. Il faut étudier. D’ailleurs on dit même ce qu’on dit en français « le roi s’appelle Narmer », par exemple. On ne comprend pas bien. Mais en fait il s’appelle le Poisson Électrique. Nous avons des noms comme ça en Afrique. Je m’appelle le Poisson Électrique parce que dès que vous le touchez, il vous électrifie, c’est-à-dire il est fort, il se défend. C’est un poisson électrique.

Il y a des reines qui s’appellent Kemsit, ça dit « la négresse ». Niapi, elle s’appelle comme ça, c’est la femme d’un Pharaon. Elle s’appelle Kemsit la négresse. La Noire, elle est Égyptienne à 100 %. Il y a des femmes qui avaient des bibliothèques, la reine Tiyi avait une bibliothèque privée, la reine Hatshepsout faisait les fards de beauté, les parfums avec le lotus dans ses appartements, elle-même. C’est écrit noir sur blanc. Elle faisait des parfums. Donc le fameux parfum avec le lotus, ce n’est pas l’histoire qu’on copiait, les Grecs n’ont pas de parfums, ils n’ont pas d’encens. Cette dame-là, pharaon, fabriquait les parfums, les fards, les lotions etc. de beauté dans ses appartements, dans son palais. C’est écrit noir sur blanc. Oui.

On fait un complot contre un pharaon, une femme veut placer son fils comme Pharaon avec quelques conseillers. On découvre le complot. Le Pharaon Ramsès dit « écoutez. Il y a la justice. Allez à la justice, au Tribunal, juger ces gens. » Le Pharaon pouvait dire « non. Ils vont vous le faire en le condamnant », il a dit « mettez-les, que la justice se prononce. ». « Ce sont mes conseillers qui ont fait ça, untel, untel et pourtant on est ensemble. Faites la justice. » D’autres par honte, au moins un ou deux se sont pendus par eux-mêmes par honte, mais la justice a eu cours, il n’était pas intervenu, que la justice ait lieu.

Dans l’Égypte Antique, il n’y a pas de prisons d’État. Socrate est mort en prison d’État. On lui a donné la ciguë. On l’a condamné à mort par vote démocratique, les 11 ont voté, un vote d’ailleurs pas très majoritaire, et il a quand même été condamné à boire la sigue parce qu’il corrompt la jeunesse et il ne respecte pas les Dieux de la Cité. Il a été condamné pour ça. À mort, peine capitale en prison d’État à boire la ciguë, il n’y avait pas encore les chaises électriques, donc on donnait la ciguë.

Mais en Égypte, il n’y a pas une prison d’État, privation de liberté d’État. Pourquoi les Égyptiens n’ont… il y a la punition, tu as volé, tu as fait du mal, on punissait. La punition existe, mais pas la peine capitale ni la prison d’État. Pourquoi ? Parce qu’un être humain est sacré, il a d’abord son nom. Son nom est un nom sacré, tout à l’heure on a dit que le nom, c’est le destin de quelqu’un. C’est le destin. Il y a en lui son Ka, c’est-à-dire un élément spirituel qui le met en connexion avec l’univers entier. Il y a son BA, ça dit l’espèce de double, son âme. Il y a le shuti, il y a beaucoup d’entités spirituelles dans l’être humain. Il n’y a pas que le corps et l’âme, il y en a beaucoup.

Et le mettre en prison signifie qu’on met aussi ces entités spirituelles en prison, donc on met le Divin en prison. Parce que l’Égypte Antique, aujourd’hui nous choisissons entre l’esprit et la matière, on est matérialiste ou on est spiritualiste, entre les deux. L’Occident a tranché entre matière et esprit. La civilisation pharaonique combine quelque chose qui est comme matière, quelque chose comme l’esprit, les deux à la fois. Donc voilà pourquoi on n’arrive pas à faire les pyramides rien qu’avec l’esprit, tu ne peux pas. Rien qu’avec la matière, tu ne peux pas. Il faut… c’est quelque chose qui n’existe pas encore, qu’ils avaient ensemble, le Divin était presque apprivoisé, c’était presque ce que nous appelons « miracle ».

Pour eux, ce n’était pas le miracle, ils avaient cette puissance-là. Et aujourd’hui nous avons séparé, depuis Descartes, on ne fait que raison, raison, raison, quand on ne fait pas ça, c’est miracle, c’est superstition, c’est la magie noire, c’est le truc bantou, c’est le fétichisme africain et c’est l’animisme etc. etc. on qualifie mal avec truc la, il ne reste que la raison pure et dure que même les philosophes ici et les Kant, les Hegel, etc. ont même critiqué les lumières, il n’y a pas que la raison. Il y a le sentiment, la sensibilité.

Mais l’Europe n’a fait que cette voie-là. Les autres ont fait aussi cette voie un peu quelque chose qui n’est pas matière, quelque chose qui n’est pas… même aujourd’hui dans le CNR à Genève, on ne voit pas cette matière, mais on ne voit la trace qui reste. Quel est ce phénomène, là ? C’est plus ou moins spirituelle la matière, les Égyptiens avaient la connaissance de cette chose-là qui est matière, esprit à la fois, les deux combinés que l’Occident a séparé.

Et ceux qui avaient étudié ça à l’Égypte pharaonique, sans être Égyptiens ou Africains, sont devenus des Grands dans l’Histoire de l’Humanité. C’est Thalès, c’est le fondateur de la science en Occident, en Grèce pour s’interroger sur l’univers, il a eu ça là-bas, eux-mêmes le disent. C’est Pythagore, parce que pour les Égyptiens le monde est nombre. Le monde est un nombre qu’il faut déchiffrer et Pythagore a trouvé cette solution. Platon a trouvé que le monde actuel, mais il y a le monde des idées, c’est un monde divin le monde des idées. Et ici-bas, c’est plus ou moins la concrétisation matérielle, gauche, maladroite de ces idées-là. Autrement la perfection sur les idées, mais l’Égypte avait ces deux ensembles.

Comment vous allez faire la pyramide ? On a dit tout à l’heure, on ne sait pas comment on a fait, on ne peut pas imiter etc. etc. Les Allemands ont eu la permission, ont fabriqué des robots, ils envoient à l’intérieur des pyramides des robots pour voir avec les lasers et l’un des robots a été cassé deux fois. Il ne pouvait pas franchir un mur. Ils ont voulu faire une troisième fois, le Gouvernement égyptien a dit non. Ça a arrêté. Il faut voir le bateau qui a amené le cadavre de Koufou, de Kheops pour l’enterrer à Gizeh, il faut voir le bateau sur lequel le Nil était tracé. Mais rien que quand vous, vous vous dites ce n’est pas un homme, il y a quelque chose de… même il est mort il y a des millénaires, mais il y a quelque chose qui… il y a un environnement terrible. On a… je ne sais pas. On a peur.

Et vous avez la momification. Donc quelqu’un qui est vivant au temps de Moïse dans la Bible. Moïse. Et vous voyez son corps intact. Ramsès II, son corps est là. Le père de Ramsès II, Sethi 1er, son corps est là. Les autres Ramsès, leur corps est là, la mère etc. Le corps est là, vivant. Enfin vivant, mort, momifié. Quelle est cette civilisation… même Mao, on est obligé d’enterrer, les Lénine et tout ça, les Mao parce qu’on n’arrive pas bien à momifier, ça produit des champignons, on est obligé de les enterrer. Mais la momification égyptienne est là. Encore quand on fume les cigarettes, tu enlèves les cocons, on les détruit, mais malgré tout l’air est pollué, mais malgré tout il résiste encore.

Mais c’est une civilisation puissante, donc… alors… quand… tout le monde connaît cette civilisation, il y a des livres, il y a des trucs, on peut connaître etc. Mais le problème c’est que pendant Keanou a dit que l’esclavage ne détruit pas seulement le corps, mais détruit l’esprit. Ça détruit l’esprit. Tu n’as pas de nom, tu t’appelles Jackson ou quoi, tu n’as pas de famille, tu fais les enfants, on les vend, on achète quelqu’un à tel prix oui « Negro to be sold ». On vend l’homme etc. Et vous arrivez dans un univers kafkaïen, un univers impossible et ça détruit complètement les êtres humains.

Donc on ne croit plus à rien, on ne sait pas à quoi ça sert, qu’est-ce que l’univers, qu’est-ce que la vie. Comment d’autres êtres humains peuvent vivre le code noir pendant deux siècles ? Même si tu es chrétien, on te jette dans le cimetière des païens. Tu as volé, tu es enceinte, on sort la Bible ici et on regarde comment parle une femme enceinte. Qu’est-ce qu’elle a fait ? Elle n’a rien fait. Ou bien elle a refusé les appels du Maître. Elle mérite pendaison. C’est incroyable cette civilisation.

Donc… alors quand on fait comme ça, ça crée chez l’Occident une mauvaise conscience. L’Occident, les Européens ne peuvent pas aimer l’Afrique, vous avez beau faire parce qu’ils ont cultivé des choses, c’est impossible à faire. Ils ne peuvent pas. Globalement ils ne peuvent pas. Il y a le tréfonds. Le tréfonds, c’est impossible. Et du coup, on vous enlève l’histoire, ce que Cheik Anta Diop appelle la falsification de l’Histoire africaine. Ça a été falsifié. Vous n’avez pas d’histoire parce que quand même c’est mon esclave. Bon. Je dis que le Pharaon, c’est lui, ce sont les Pharaons qui ont donné la civilisation, c’est en contradiction, donc il faut gommer.

Vous n’avez pas d’Histoire, c’est nous qui vous donnons tout, comme on a dit tout à l’heure, l’habillement, tout, tout, le Gouvernement, l’économie, tout, tout ce qu’il faut. Autrement vous-mêmes, vous n’avez rien, c’est grâce à l’Occident que vous êtes devenus ceci, ceci. La falsification. Parce que plus vous partez, plus vous voyez que… cette souffrance même devrait nous blinder, mais ils ne veulent rien savoir. Voyez-vous le problème c’est que… un problème, il ne s’agit plus de condamner même l’impérialisme, le colonialisme etc.

Il faut savoir que si vous êtes forts, si vous êtes puissants, on vous respecte dans ce bas monde. Mais si vous êtes faibles, vous avez beau faire, vous allez être amis, vous avez beau faire, des conseillers, ils viennent, ils vous font ci, l’Afrique, elle marche. Quelle Afrique marche ? Quand tu dis que l’Afrique a le sida, l’ébola, quand l’Afrique est pauvre, est très endettée, ils disent l’Afrique, elle marche. On se moque des gens. Qu’est-ce qui marche en Afrique ? Quand ils polluent tout le Golfe de Guinée, les pétroliers polluent tout, depuis Pointe noire, jusque… partout ils polluent, le Golfe au Nigeria, c’est pollué, le Delta. Et ça c’est l’Afrique en marche ?

Ils financent les coups d’État, ça, c’est l’Afrique en marche ? Non. Je crois que dans ce bas monde là, les Chinois… voilà la géopolitique. Les Chinois bâtissent la Chine, ils ont leur programme, ils ont fait la longue marche, ils ont fait le rideau de bambou, ils ont développé le nucléaire, les sous-marins, l’espace, l’économie, ils se battent, ils se développent, ils s’ouvrent maintenant à l’Europe. On construit comme ça. Même la Russie, c’est une grande puissance. Ils interviennent. On ne peut pas les bousculer facilement. L’Inde aussi se fait. Les Arabes essayent de se reconstruire avec tous les problèmes qu’on connaît. Bon.

L’Amérique Latine au temps des… il y avait l’idée de Merco sur etc., je crois que c’est tombé, mais enfin ils veulent aussi essayer de bâtir quelque chose ensemble. Les États-Unis sont des plus grands stratèges. Ils sont d’abord États-Unis, tous seuls, puissants. Ils développent avec le Mexique, le Canada et les États-Unis. En cas de, on est ensemble, question de visa, de ceci, le Dollar. On va au Canada sans visa, on fait ceci. Ils disent on fait donc le Mexique, États-Unis, Canada en cas de.

Troisième scénario. Ils font le Congrès américain, donc avec tous les états américains, Cuba y compris, tout ce qui est Amérique du Sud, Amérique des Iles, ils s’appellent American Congres, ils sont le Congrès américain, ils se réunissent régulièrement. Les États-Unis jouent encore sur l’Atlantique, l’alliance Atlantique, ce sont les chefs de l’OTAN, que De Gaulle avait quitté, Sarkozy l’a réintroduit, ils sont à l’OTAN, donc l’océan… nous sommes pourtant l’océan Atlantique, mais nous ne faisons pas partie de l’OTAN, trop faibles. Ils sont à l’OTAN. Les États-Unis jouent sur le tableau du Pacifique, les pays Pacifique. Ils sont avec la Chine, le Japon, les Coréens. C’est le Pacifique. Ils se retrouvent pour discuter des problèmes du Pacifique. Les pays du Pacifique, ils sont dedans. Mais ils sont dans le monde entier, vous le voyez bien.

L’Afrique n’est dans aucun scénario de demain. Que ce soit militaire, sécuritaire, scientifique, on n’est dans aucun scénario. Dans aucun scénario. Alors donc les voix des tapis, les Pères fondateurs, c’est un mauvais schéma. Il faut abandonner ce schéma. C’est pénible, mais il faut l’abandonner. Il faut faire la propagande maintenant, développer les idées de l’État Fédéral. C’est la seule issue. C’est trop tôt, on ne sait pas. C’est trop tard, on ne sait… ce n’est jamais trop tard ni trop tôt. Ce ne sont même pas des questions. On n’a pas fait les États-Unis trop tard ni trop tôt, on a trouvé qu’il faut faire enfin, on verra bien. Ils ont fait ça, les Obama peuvent jouer le jeu, ils deviennent Président.

Parce qu’on fait… mais ça finira pas avec nous, l’Afrique, les gens vont redresser les programmes, vont redresser ceci, le tout est de faire pour être puissant. L’Afrique a besoin d’être puissant, même pas de développement parce qu’on ne se fera jamais développer. L’Afrique a besoin de puissance, comme ça, vous jouez votre carte de façon autonome. Ça sera difficile. Pourquoi ? Parce que si l’Occident ou l’Europe sentent que l’Afrique se retire un peu, ils vont commencer à faire une violence extrême, à tuer les gens, les jeunes etc., faire des rafles etc. parce qu’une puissance africaine qui va dire « non.

Nous ne voulons que vous veniez faire la pêche en Mauritanie, prendre les poissons comme ça. », « Non. Nous ne voulons pas que vous traversiez, que tous ces bateaux qui vont en Afrique du Sud traversent, tous ces sous-marins-là. Ce sont nos océans, dans nos eaux territoriales, on ne veut pas. ». « Le pétrole, nous-mêmes, nous pouvons le faire. Les ceci, nous pouvons le faire. » Etc. Bon. L’uranium, Areva est le premier nucléaire du monde, mais vous ne voyez pas que c’est… ils n’ont… il n’y a pas un grain d’uranium en France, mais Areva est premier mondial. Ils prennent ça gratuitement.

Presque gratuitement au Niger. Mais si nous disons que c’est à l’État Fédéral, c’est à nous, on ne prend plus ça comme ça. Donc l’Occident va subir la puissance africaine. On ne va plus être exploité pour faire leur force. On fait notre propre force. On n’est plus leur main d’œuvre gratuite. Donc ils ne vont pas accepter ça ou s’ils acceptent, c’est la nouvelle génération Bon. Discutons, on a été quand même colonie, on a été ensemble. Bon. Discutons. D’accord, on discute à égalité. Mais après imposez aux gens. Ça sera dur. Mais c’est la seule voie. C’est la seule voie, on a tout essayé. La seule voie.

Donc nous avons un passé glorieux, c’est l’Égypte Antique, il y a le Zimbabwe, il y a le Ghana, Mali, Songhaï, il y a les civilisations des Ashanti, il y avait de l’or là-bas, les tapis étaient en or, les lits étaient en or. Les gens le disent, les bodos décrivent ça. Nous avons les Yoruba grande civilisation, ils viennent de l’Égypte, ils en sont conscients. Les Igbo, c’était des grandes puissances. Les Kanem Borno, il y avait le rhum de Cuba, le luba du Congo. Le Monomotapa au Zimbabwe ancien. Il n’y avait pas de vide.

Au Cameroun, non seulement il y a Njoya, tout ça, mais il y avait des royaumes, des grandes chèvreries. Il n’y avait pas de vide. Si vous avez allez au grand lac avec les Bonuono, Baganda il n’y avait que des royaumes là-bas. Le Bunioro, Butara, donc était sacré comme en Égypte. En Éthiopie, la même chose. Partout sur le Continent africain, il n’y avait pas de vide. Les hommes ont dirigé, les femmes ont dirigé. Pokou, c’est une femme qui a mené les Akan en Côte d’Ivoire, ils sont devenus les Baolés. La reine Nzinga au Monomotapa. Non. La reine Nzinga en Angola aussi, au Sud de l’Angola, elle a tenu tête contre les Portugais.

Une femme ! Avec ses troupes. La reine Nzinga d’Angola, de Matamba. Il y a eu des femmes partout, au Sénégal, qui ont dirigé le royaume Wolof. Et la femme, une historienne du Mali a étudié les femmes du Mali. Mais quand j’ai lu le livre, il y a une femme du Mali, Véloré, qui était avec l’un des rois là etc., mais elle connaissait le Coran par cœur, elle s’occupait aussi de la bibliothèque du roi en question. Ça existe, parce que c’est nous qui ignorons. Donc les femmes ont une puissance extraordinaire sur le Continent africain. Il faut qu’elles reviennent à leur rôle.

Il faut qu’elles reviennent au rôle de leader, elles étaient leader ! Elles ont dirigé des royaumes, des troupes militaires contre l’ennemi. Elles ont formé les Africains, donner l’éducation, donner la vertu, l’éthique. Donc on a quand même des valeurs sur place. On a des richesses, vous le savez tous ; les diamants, le bois, les forêts, les lacs, les poissons, l’agriculture, l’élevage. Mais c’est le Kenya qui fournit les fleurs maintenant.

Les fleurs, c’est au Kenya. Même la Hollande vient planter ça au Kenya maintenant. Les tulipes et tout, que ça ne pousse pas… ça pousse ! Il y a les rhinocéros blanc en Madagascar. Il y a tout sur le Continent africain. Tout. Tout. Tout. Alors il suffit maintenant de dire nous travaillons. Ceux qui veulent nous aider, de nous aider à nous émanciper, à faire notre force, on accepte. Si ce sont les Chinois, on accepte, si ce sont les Européens, on accepte, mais il faut qu’ils comprennent qu’on ne peut plus dominer, que chacun veut faire sa force.

C’est comme ça que le Congrès Panafricain, vous avez assez fait la jeunesse, vous avez diffusé ça, il faut créer maintenant un parti politique. Un parti politique du Congrès Panafricain. Un parti politique avec des sessions un peu partout sur le Continent africain. Et de temps en temps, ceux qui ont les moyens ou l’habileté de trouver des fonds, on se rassemble sur le Continent africain. Ça va donner une autre perspective parce que vous ne travaillez pas pour un pays, vous ne travaillez pas la jeunesse d’un pays.

C’est la jeunesse africaine, c’est la jeunesse panafricaine. Ce sont des femmes panafricaines. Ce sont des leaders panafricains. Ça va donner notre manière de voir et ça sera infiltré, bien sûr. Qu’est-ce qu’ils font ? Donnez-nous les papiers, qu’est-ce qu’ils gèrent ? Comme les Black Panthers ont été infiltrées.

Les Black Panthers ont été infiltrées. Le parti Congrès Panafricain sera infiltré aussi, il faut s’y attendre. Voilà pourquoi il faut développer un autre sécurité celui d’espionnage. Or là on traverser espionnage même. Sans sécurité et tout est ouvert. On ne fait plus comme ça. On ne fait plus comme ça dans ce bas monde. Voilà. On peut continuer. Ce sont des choses qui se recoupent, ce qu’on a dit tout à l’heure à propos des savants.

Ce que Madame Sankara qui a posé des questions pertinentes d’où nous venons, où nous en sommes, où nous allons, c’est très important. Et chacun dessine son avenir, au moins retenue, chacun dessine son avenir comme il l’entend. Il n’y a plus d’ordres à recevoir. Et je crois que si nous le faisons, la mémoire de Mandela, de tous nos morts, la mémoire de tous nos ancêtres connus ou inconnus, les Boganda etc. La mémoire du Continent africain, qui est la mémoire humaine, sera… et le monde va changer parce que ce n’est pas par hasard que l’Afrique est le berceau de l’humanité. Ce n’est pas par hasard.

Ce n’est pas par hasard si le hasard de l’évolution a fait que l’Homme est né sur le Continent africain et que c’est de l’Afrique que l’Homme est parti à la conquête des autres continents et bientôt à la conquête de l’espace, ce qui est un peu colossal, l’univers est très immense, etc. Mais nous, nous sommes partie de cette histoire, de cette aventure humaine, nous sommes partis de ça, on ne peut pas désister parce qu’on a subi l’esclavage, on a subi la colonisation, on a subi l’apartheid, on a subi tous les… etc. Au contraire, ça doit nous donner plus de force encore de dire attention si nous sommes faibles, on sera encore esclave dans le monde tel qu’il va, si nous sommes forts, on va nous respecter et si on nous respecte, on respecte aussi l’humanité puisque nous sommes humains comme les autres.

Nous ne faisons pas la guerre, nous ne faisons pas la conquête, nous ne faisons pas le mépris ou le dédain. Nous aimons les autres frères de l’humanité, donc nous voulons bâtir une autre humanité différente et non plus de l’exploitation. Comme nous sommes les richesses, le réservoir de l’humanité, ce qu’on connaît. Ce qu’on ne connaît pas encore, nous sommes les richesses, nous pouvons encore aider l’humanité à se développer avec nos richesses. Donc au fond, l’aventure que nous jouons n’est pas une aventure égoïste, n’est pas une aventure, disons, cloisonnée, repliée sur nous-mêmes.

Au contraire, plus l’Afrique est forte et belle et extraordinaire et plus le monde jouera de la puissance africaine, tandis que nous, nous ne jouerons jamais de la puissance occidentale parce que c’est une puissance de domination. C’est ça l’idéologie qu’est l’arrière-plan de dominer les autres qui n’existe pas, c’est moi qui commande. Voilà pourquoi ils n’arrivent pas à faire même l’Europe parce qu’ils veulent dominer les autres. L’autre veut dominer la Grèce. La Grèce ne veut pas. L’Allemagne veut dominer les Turks, ils veulent dominer les autres. Maintenant c’est le couple, on ne peut pas faire l’Europe avec deux couples, couple franco-allemand, quel couple va faire ? Ce sont des histoires tout ça.

Bon. Je laisse 5 minutes pour le débat.


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