Afrobeat Culture Federator

MANU DIBANGO : Années 1960, dans la cour des grands.

mardi 15 novembre 2011 par Mabinuori Idowu (aka ID)

Les années 60 sur le continent africain et la Diaspora l’Afrique étaient les années d’espoir pour l’accomplissement de l’aspiration des peuples soumis à plus de cinq cents ans d’esclavage et de colonialisme. Au premier rang de la lutte, étaient des mouvements nationalistes qui avaient pour objectif de balayer les années de braise avec les promesses d’un avenir plein de lumière. Cependant, seuls quelques-uns des leaders africains de cette époque prirent conscience du pouvoir de la "musique comme une arme" comme fit Fela Anikulapo-Kuti des décennies après.

Patrice Lumunba, le père assassiné de l’indépendance du Congo était un des rares dirigeants africains conscients très tôt du pouvoir de la musique comme une arme. En arrivant à Bruxelles pour la conférence de la table ronde, célèbre pour l’indépendance du Congo, Lumunba a apporté dans ses "bagages" les maestros de la Rumba congolaise. En tête de cette crème de musiciens congolais était le Grand Kalle - Josef Kabasele.

Parmi ceux qui l’entouraient, était Brazus , qui jouait la contrebasse dans tous les coups célèbres de l’ African Jazz. Quand on écoute les disques de cette période (45tours), en vérité, le son était de la Marie-Jane (ce qu’on appelait contrebasse), et on pouvait entendre le son du bois dont il était fait. Dans le groupe de musiciens congolais aux talents variés , il y en avait des célèbres aussi bien dans l’African Jazz que dans l’Ok Jazz, qui étaient respectivement le docteur Nico, Dejo, Mujoss , Edo Clary et Brazzos.

Pour la première fois dans l’histoire coloniale du Congo, ces musiciens avaient l’occasion de se produire en direct dans la capitale belge dans la fameuse boîte "Les Anges Noirs ". Le fruit de la collaboration de ces musiciens, succès produit par Patrice Lumumba, fut intitulé "Indépendance Cha Cha "- une chanson qui deviendra finalement" un fer de lance" pour toute l’Afrique des années 60. Malheureusement Lumumba ne vécut jamais assez longtemps pour être témoin du succès de son initiative.

L’initiative de Lumumba, a aussi ouvert la voie à Joseph Kabasele pour enregistrer ces succès qui lui gagneraient plus tard le titre "Grand Kallé "(grand Kabasele). En arrivant dans les "Anges Noirs ", accompagné de beaucoup de musiciens , Kabasele était à la recherche d’un percussionniste et d’ un joueur de saxo. Il fut présenté au joueur de conga résident du club - le percussionniste cubain Pepito Riesta- qui jouera plus tard dans tous ces fameux succès de rumba congolaise des années 60.

Un autre musicien qui profitera des grands exploits musicaux du "Grand Kallé" dans la capitale belge était un jeune garçon, qui dans ses propres mots- "un petit beau garçon qui effectivement ne savait pas comment nouer sa cravate"- mais qui a composé et a arrangé la chanson intitulée "Soma Loba" (Remercie Dieu) et enregistré avec Kabasele et les autres maestros de rumba congolaise. Le jeune garçon en question est Manu Dibango, aujourd’hui un des pionniers du succès de la musique africaine dans l’Hémisphère Occidental.

Ceci est un extrait d’un enregistrement "live" au " Petit Journal"- à Montparnasse, Paris, de Manu Dibango parlant de "son -premier -pas- dans- la -cour -des -grands", dans une émission hebdomadaire de radio, -"la Mara-boutique"avec Robertito diffusée sur Africa numéro 1.


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