Afrobeat Culture Federator

SELON VOUS, C’EST QUOI UN GOUVERNEMENT ?

lundi 27 janvier 2014 par Mabinuori Idowu (aka ID)

Radio Shrine ! Gan ! Gan !

Récemment j’ai mis en ligne des vidéos de gens érudits qui apportent de la substance à tous les messages diffusés ici. Ceux d’entre vous qui ont pris le temps de les regarder, ont pu voir : « l’Origine africaine de l’homme et de la civilisation » par Cheick Anta Diop. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Dr Diop est l’un des plus éminents chercheurs du 20ème siècle Il a été reconnu ainsi que le docteur W.E.B. Du Bois, comme l’un des plus grands penseurs scientifiques du 20ème siècle ayant apporté un autre éclairage de l’histoire de l’homme et de la contribution primordiale du peuple noir à l’édification de la civilisation. Ceux qui l’ont rencontré le décrivent comme un homme d’une grande intelligence aux dispositions variées. Grand Physicien, il a travaillé dans l’un des laboratoires les plus réputés en France, sous la direction de Frédéric Joliot-Curie lui-même l’un des amis d’Albert Einstein.

Alors que seulement environ une douzaine de personnes dans le monde pouvaient comprendre Einstein, le docteur Cheick Anta Diop avait déjà traduit dans sa langue sénégalaise natale Wolof les œuvres du physicien. Le docteur Diop a pu résoudre de nombreuses questions scientifiques ; il a inventé le processus chimique permettant de déterminer la quantité de mélanine dans les peaux des momies égyptiennes. Par ce processus il a pu prouver sans aucun doute et de façon scientifique l’origine noire de toutes ces momies. Avant ces travaux le monde scientifique était divisé quant à l’origine des momies des pharaons. Certains leur attribuaient une origine sémite, d’autres une origine caucasienne ou tout autre origine sauf africaine.

Grâce aux travaux du Dr DIOP on a pu prouver scientifiquement que la quantité élevée de mélanine présente dans la peau des momies ne pouvaient correspondre qu’à une personne noire. Il était jusqu’à sa mort en 1986, le Président de l’Association des Chercheurs Noirs mondiale qui a pour objectif d’assembler et de mettre en évidence les travaux des Africains et de la Diaspora africaine dans tous les domaines liés : l’histoire, l’anthropologie, la littérature, la politique, etc. Il s’agit de mettre en avant les contributions des individus noirs, des mouvements et des groupes tant passés qu’actuels et d’améliorer notre compréhension et la reconnaissance de l’importance de leurs apports sur le plan philosophique et historique mais aussi dans les autres domaines créatifs et intellectuels tels que les sciences humaines, les arts, etc. Vous avez aussi vu, la vidéo sur la présence africaine dans les Amériques avant l’arrivée de Christophe Colomb par le Docteur Ivan Van Sertima (livre de 1977 « They came before Colombus », traduit en français « Ils y étaient avant Christophe Colomb ») et sur la contribution africaine au moment de la création de l’Europe (« African presence in early europe »). Comme souvent réaffirmé ici à l’égard de Cheikh Anta Diop et de Théophile Obenga, le Dr Ivan Van Sertima a lui aussi contribué immensément au réveil de la conscience noire dans la dernière moitié du XXe siècle et au début du XXIe siècle.

Dans la vidéo relative à la présence africaine à l’époque de la fondation de l’Europe, le Dr Ivan Van Sertima met en perspective le rôle peu connu des africains dans l’édification de la civilisation mondiale. Il a présenté les preuves archéologiques et anthropologiques récentes qui attestent de la présence active des Africains dans le développement de la civilisation désignée comme européenne. Les autres sujets traités dans la vidéo montrent : le rôle primordial joué par les Maures dans la Renaissance européenne ; L’œuvre de Léon l’africain « Cosmographia de Affrica » comme l’origine et la source de l’inspiration de Shakespeare dans son fameux « Othello » ; l’arrivée du 1er homme « l’homme de Grimaldi » en Europe ; les Maures noirs et l’origine de la philosophie grecque ; les papes africains et les vierges noires. Le livre qui traite de tous ces sujets est divisé en six parties : Les premiers européens ; la présence africaine dans les îles méditerranéennes et dans la Grèce antique ; Les africains dans la hiérarchie religieuse européenne ; La présence africaine en Europe occidentale ; La présence africaine en Europe du nord et la présence africaine en Europe de l’est.

Vous avez vu aussi, basée sur une série d’entretiens, la vidéo du Dr Chancellor Williams auteur du livre « the destruction of black civilisation » " la Destruction de Civilisation Noire". Il a donné son avis sur le sujet "de l’autodestruction Noire" et ses causes. Par exemple Pourquoi les jeunes étudiants noirs dans le système scolaire actuel, en classe d’histoire, sont embarrassés pour s’identifier avec l’histoire passée africaine. Et aussi comment les Africains sont victimes d’un lavage de cerveau qui leur inculque l’idée que l’histoire, la culture, l’écriture européenne est plus riche que la leur qui commence, si l’on se fie aux livres occidentaux, avec l’esclavage.

Pour ceux qui comprennent la langue française, la vidéo sur la traite négrière transatlantique par le Professeur Bwenba Bong qui explique comment la traite a détruit le système de production et l’industrie africaines. Le Professeur d’origine camerounaise a montré comment pendant l’esclavage arabe en Afrique, le continent a continué à produire - ses Industries ont fonctionné et ont continué à alimenter sa population. Comment les Arabes ont été même employés dans des Industries africaines et dans l’agriculture. Mais avec l’arrivée du Commerce transatlantique des esclaves, les industries africaines se sont arrêtées et le continent était devenu le pourvoyeur d’humains au profit du commerce transatlantique. Ceux qui ont essayé de cultiver les sols ont été arrachés de leurs terres et soumis à l’esclavage. Il ne s’agit pas pour moi d’un simple révisionnisme ni d’une fouille dans un passé oublié, mais de préparer les esprits pour la lutte à venir car, je l’affirme souvent ici, la situation sur le continent africain empire. Beaucoup de personnes sont mortes pour avoir tenter de « changer les choses en Afrique ». Je pense que le crime le plus grave serait de les laisser tomber dans l’oubli, que leur mort n’ait servi à rien, de ne faire aucune tentative pour faire aboutir le combat auquel ils ont consacré leur vie et leur mort.

Dans les dernières décennies nous pouvons constater que la confiance s’est complètement évaporée de notre vie publique. Comme je l’ai déjà écrit, beaucoup de personnes n’accordent aucun crédit aux paroles des politiciens, des leaders d’entreprise, des banquiers, des personnalités religieuses, etc. et ceci s’applique également aux leaders européens et de l’occident pour certains exposés comme corrompus Il devient urgent d’agir pour reprendre en mains les rênes de nos pays et du continent. Nous reconnaissons tous que l’éducation est la clé pour changer la donne. Mais certainement, pas le type d’enseignement de l’Afrique d’aujourd’hui. Avons-nous cessé de nous demander pourquoi il y a un taux aussi élevé d’abandon scolaire dans les écoles africaines ?

La réponse est facile à deviner : les étudiants n’ont rien qui les relie avec leur histoire car à en croire les livres du programme scolaire (maths, histoire, lecture, écriture) la seule source d’inspiration vient de l’Europe et de l’Amérique. Tout aurait été inventé par l’Occident. Les enfants africains démarrent leur scolarité avec un handicap, un complexe d’infériorité. Or toutes les vidéos que j’ai mises en ligne nous racontent une autre histoire, la vraie histoire dont nous n’avons pas à rougir. Je vais me répéter : si rien n’est fait le travail d’une génération entière d’intellectuels et de savants sera perdu, à moins que leurs œuvres ne soient incorporées dans le programme scolaire et le système éducatif africain actuel. Il suffit de regarder autour de nous pour comprendre le besoin urgent d’action : Blog après blog, Titre après titre des journaux annoncent quotidiennement la fantastique anarchie engendrée par la culture de la corruption qui règne au Nigéria et partout en Afrique. Même le premier gouverneur exécutif d’État de Kaduna dans son blog : Balarabemusa@77 a déclaré que "des leaders nigérians sont des voleurs". Alhaji Balarabe Musa, s’est lamenté du fait que le système de gouvernance au Nigéria avait changé : d’abord basé sur l’intérêt public il est maintenant fondé sur l’intérêt personnel. Il a dit que des leaders nigérians du conseiller à la présidence apparaissaient toujours les plus riches dans leurs circonscriptions électorales respectives après avoir terminé leur mandat.

Le gouverneur d’État de Rivers state Rotimi Amaechi, a été cité dans un de ces blogs disant que des membres du comité directeur politique volent des fonds d’Etat parce que les Nigérians ne les lapident pas. Cette déclaration du gouverneur Rotimi Amaechi me rappelle une chanson de FELA ’ Original sufferer head ‘ : dans laquelle FELA a chanté que « avant d’avoir de belles choses dans la vie, on est obligé de se battre pour ça » Si les français ont de l’eau, de l’électricité, de la nourriture, des soins médicaux et un toit, avec un système social actif, c’est parce qu’ils ont fait leur révolution de 1789 et parce qu’ils continuent à lutter de nos jours. Nous savons tous très bien que la révolution ce n’est pas tricoter au coin du feu, ni faire la fête ou aller à des dîners. La classe politique du Nigéria n’incite pas les citoyens à surmonter les années de crainte et d’apathie pour descendre dans la rue - comme le fameux printemps arabe ».

Fela dans sa chanson « Sorrows, Tears, Blood » "je ne veux pas mourir, je veux construire une maison, je veux profiter de la vie". La corruption, ce cancer qui dévore la société africaine et empêche le progrès du continent, a été généreusement traitée dans toutes les œuvres de Fela, il dénonce les gouvernants africains et leur complicité dans la propagation de ce phénomène. La majorité des accusations de corruption politico-financière est dirigée contre la classe politique africaine, mais tout indique que cette mauvaise maladie émane de l’Occident. Aujourd’hui elle s’est étendue presque partout dans le monde, devenant une réalité universelle contemporaine. En voyant la nature récurrente de la corruption, on peut se demander où est caché l’argent africain issu de la corruption ?

La réponse est simple : en Europe et une partie de l’hémisphère occidental. Sans être « Felacentric » comme quelques critiques le disent à cause de mes références régulières à ses chansons, Fela à l’instar de Cheikh Anta Diop, du Docteur Ivan Van Sertima et de Theophile Obenga a également favorisé la prise de conscience africaine En utilisant la musique qu’il a créée « l’afrobeat » comme une arme Fela a invité les africains du continent et ceux de la diaspora à être fiers de leur héritage africain notamment dans son oeuvre « Blackman Cry ». Notons que toutes les œuvres de Fela Anikulapo-Kuti à partir de son groupe « Africa 70 » jusqu’à celui de « Égypt 80 » sont des récits de l’histoire contemporaine du Nigéria. De son album sorti en 1973 « Confusion », avec sa solution panafricaine - critique de tout ce que font les gouvernements sur le continent- à son album « Army Arrangement » - dénonciation de la façon dont l’institution militaire a détourné la marche du peuple pour la liberté et la démocratie- toutes les chansons de Fela relatent l’histoire contemporaine du Nigéria et présage celle de l’avenir – aspect visionnaire de Fela -. Une réalité quotidienne dont il est le témoin et qu’il a dépeinte à travers ses œuvres.

Dans ce paysage sombre de démobilisation générale et d’inaction caractérisée des dirigeants africains, il est important de placer dans le contexte actuel les chansons de Fela car ce qu’il a chanté hier est l’actualité d’aujourd’hui et si rien ne change celle de demain. Ainsi dans son titre « Confusion Break Bone (CBB) » : "si je dis il n’y a pas de nourriture pour le peuple ! Ca ce n’est pas nouveau ! Si je chante qu’il n’y a pas d’eau à boire ! Ca ce n’est pas nouveau ! Si je chante l’inflation ! Ca ce n’est pas nouveau ! Si je dénonce la corruption ! Ca ce n’est pas nouveau ! Si je dénonce la mauvaise gestion ! Ca ce n’est pas nouveau ! Si je chante les vols des dirigeants ! Ca ce n’est pas nouveau ! La chose qui m’inquiète le plus ! Comment ces problèmes peuvent-ils avoir une aussi grosse tête ! Quel Président ne vole jamais ? Qui va résoudre toute cette confusion ? "Avant que je ne traduise ce morceau chanté en créole anglais, je voudrais faire une digression. Fela a chanté en langue « Pidgin » parce qu’il souhaitait mobiliser d’abord des millions de Nigérians avant de s’adresser aux autres peuples du continent.

Rappelez-vous que nous n’avions pas les réseaux sociaux d’aujourd’hui. Revenons aux paroles de CBB : "si je dis qu’il n’y a aucune nourriture pour le peuple ! Ce sont de vieilles nouvelles ! Si je dis qu’il n’y a pas d’eau à boire ! Ce sont de vieilles nouvelles ! Si je chante sur l’inflation ! C’e sont des vieilles nouvelles ! Si je chante de la corruption ! Ce sont des vieilles nouvelles ! Si je chante de la mauvaise gestion ! Ce sont des vieilles nouvelles ! Si je chante les vols des représentants gouvernementaux Ce sont des vieilles nouvelles ! Ce qui est inquiétant, c’est comment ces problèmes sont-ils devenus si endémiques ? Quel Président nigérian n’a jamais volé ? Qui résoudra toute cette confusion ? " Il s’agit d’une chanson de 1986, 27 ans après sa sortie quel changement a été opéré dans la manière de diriger le Nigéria ?

Toutes les questions soulevées dans les journaux et les blogs d’aujourd’hui sont des sujets traités dans les chansons de Fela depuis les trois dernières décennies. "Laissez-nous nous demander : c’est quoi le gouvernement ? " est tiré d’une autre chanson de Fela « Movement of the People Political Statement 1 (MOP1) ». Les paroles sont "laissez-nous nous demander c’est quoi le gouvernement ? Gouvernement est le père du peuple ! Le père doit bien aimer son fils ! Le fils doit bien aimer son père aussi ! Mais comment les choses se passent en Afrique je vais vous l’expliquer ! Les gouvernants que nous avons nous traitent comme des étrangers ! Eux ne sont pas notre père, nous ne sommes pas leurs fils ! Eux sont les maîtres, nous les serviteurs ! Nos gouvernants sont noirs au visage ! Nos gouvernants sont blancs aux fesses ! Pour ceux qui ne comprennent pas le Pidgin : "laissez-nous nous demander ce qu’est le Gouvernement ?

Le Gouvernement est le père du peuple ! Et tel un père il devrait aimer son fils et en retour le fils devrait aimer son père aussi ! Mais ce qui se passe en Afrique, je voudrais vous l’expliquer ! Les gouvernants que nous avons ! Ils ont des façons de penser étrangères ! Ils ne sont pas nos pères et nous ne sommes pas leurs fils ! Ils sont les maîtres, nous leurs serviteurs ! Les gouvernants que nous avons sont des Hommes aux faces noires et aux « culs blancs » ! C’est pourquoi la plupart des leaders africains ont l’armée et la police pour les protéger. Je l’ai déjà souligné, la transition soi-disant paisible au Nigéria d’un régime militaire à un régime civil démocratique n’est rien qu’une illusion. L’armée est toujours au pouvoir parce que tous les partis politiques officiels sont contrôlés par des anciens généraux d’armée. Aujourd’hui ils portent des vêtements civils et utilisent la religion pour créer une base politique. Il y a même des propositions de certains leaders politiques de diviser le pays du sud – avec celui du Nord. La dichotomie du Nord et du sud en Afrique est aussi vieille que le colonialisme qui est à l’origine de la création des institutions militaires. Cette diversion qui a permis au colonialiste et aux ex-généraux d’asseoir leur pouvoir : « diviser pour mieux régner » comme Fela l’exprime dans « Colo-mentality ».

Où est l’opposition dans la démocratie prétendue du Nigéria ? Autre question importante : qui finance le mouvement terroriste Boko Haram sinon les ex généraux ?. Si la C.I.A. américaine a pu trouver Ben Laden près des casernes de l’armée du Pakistan, nous pourrions peut-être trouver les leaders de Boko Haram dans les beaux palais des ex-généraux du Nigéria. Comme je l’ai écrit dans mon livre « Fela Phenomenon and Legacy », tous les partis politiques sont contrôlés par des ex-généraux et ils utilisent la religion « pour diviser pour mieux régner » S’il vous plaît faites passer le message !


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